"Odes, XL" : Amour piqué par une abeille (en fait , poème anacréontique…)
Ἔ
ρως ποτ ΄ ἐν ῥόδοισικοιμωμ
ένην μέλισσανοὐκ ε
ἶδεν, ἀλλ ΄ ἐτρώθητ
ὸν δάκτυλον. Πατάξαςτὰς
χεῖρας, ὠλόλυξε·δραμὼν δ
ὲ καὶ πετασθεὶςπρ
ὸς τὴν καλὴν Κυθήρην,ὄλωλα
, μῆτερ, εἶπεν,ὄ
λωλα, κᾀποθνήσκω.Ὄφις μ ΄
ἔτυψε μικρὸς,πτερωτὸς
, ὃν καλοῦσιμ
έλισσαν οἱ γεωργοί.Ἡ
δ ΄ εἶπεν · εἰ τὸ κέντρονπονε
ῖ τὸ τῆς μελίσσης,πόσον
δοκεῖς πονοῦσιν,Ἔρως,
ὅσους σὺ βάλλεις;
"Traduction" de Jean Baptiste de Saint-Victor (texte de Brunck, un peu différent de celui-ci), Paris, H.Nicolle éditeur, 1813 :
Dans une rose une abeille dormait;
Dans le rosier, l'Amour qui butinoit
Ne la voit point, par malheur la réveille,
Et tout-à-coup est piqué par l'abeille.
Il fait un cri, tord sa petite main,
Frappe du pied; puis d'une aile légere
Vers Cythérée il s'envole soudain:
Je suis perdu, s'écrioit-il , ma mere!
Je suis perdu, c'est fait de moi, je meurs!…
Vois d'un serpent les atteintes mortelles:
Il est petit, au dos il a des ailes;
C'est une abeille, au dire des pasteurs.
Vénus répond : Si la foible piqûre
Que fait l'abeille est un si grand malheur,
Juge, mon fils, des supplices qu'endure
L'infortuné que ton trait frappe au cœur.
Traduction de Robert Brasillach, Paris, 1950 librairie Stock (Livre de Poche 1968)
Dans les roses , un jour,
Une abeille dormait.
Ne la vit point l'Amour,
Elle le pique au doigt.
Avec sa main blessée,
Il se prend à crier.
Il s'envole et il court
Vers Cythérée la belle.
"Ma mère, crie l'Amour,
je suis perdu, je meurs!
Un serpent m'a piqué,
Petit, avec des ailes.
Les paysans appellent
Cette bête une abeille."
Et sa mère, alors , lui répond :
"Si tu souffres de l'aiguillon
dont une abeille t'a blessé,
Ô mon Amour, que te diront
Ceux que tes flèches ont touchés?"