PUISSANCE DE LA PHILOSOPHIE (II, 1-33)

Traduction au plus près du texte

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Il est doux, quand sur la vaste mer les vents bouleversent les flots,

de contempler depuis la terre <ferme> les efforts douloureux d'autrui;

non que le fait que quelqu'un soit éprouvé soit un plaisir agréable

mais parce qu'il est doux de regarder à quels malheurs on échappe soi-même.

Il est également doux d'observer les grandes batailles de la guerre,

rangées à travers les plaines, sans prendre soi-même part au danger.

Mais rien n'est plus agréable que d'occuper les lieux(templa) bien fortifiés

par la doctrine des sages, lieux élevés (edita), sereins,

d'où l'on puisse abaisser ses regards (de-spicere) sur les autres et les voir partout

errer et chercher la route d'une vie divaguante,

rivaliser d'intelligence, faire assaut de noblesse,

nuit et jour s'efforcer par une peine incomparable

d'émerger jusqu'au comble des richesses et de s'emparer du pouvoir.

O pitoyables esprits des hommes, ô cœurs aveugles!

Dans quelles <profondes> ténèbres et dans quels <grands> dangers

se passe ce que nous avons en fait de temps pour vivre (vitae, génitif,v.15) , quel qu'il soit! Ne vois-tu pas

que la nature, pour elle-même, ne réclame (littt n'aboie après) rien d'autre si ce n'est, de quelque manière que ce soit (qui),que(ut)

la douleur soit absente, séparée du corps, et que l'esprit jouisse

d'une sensation agréable, à l'écart du souci et de la peur.

 

 

Ainsi, pour la nature physique, nous voyons

qu'il est besoin de très peu de choses (omnino pauca), quelles qu'elles soient, pour (quaecumque + subj.) retrancher la douleur,

et pour pouvoir aussi mettre à disposition maint plaisir.

Cela étant, la nature elle-même ne réclame rien de plus agréable,

même s'il n'y a pas (si non sunt...tamen v.29) dans nos demeures des statues dorées de jeunes gens,

tenant dans leurs mains droites des torches enflammées,

afin que les lumières soient fournies en abondance pour les festins nocturnes,

même si notre maison ne brille pas des reflets de l'argent et ne resplendit pas de l'éclat de l'or,

même si les cithares ne font pas résonner les salles ornées de caissons et <toutes> dorées,

quand, entre amis, allongés sur l'herbe tendre,

le long d'un filet d'eau, sous les branches d'un arbre élevé,

à peu de frais (non magnis opibus), de façon agréable, on satisfait aux exigences du corps,

surtout quand le temps sourit, et que la saison (anni tempora) parsème de fleurs les herbes verdoyantes.