Ps. Sen. Oct. 820-844
NERO O lenta nimium militis nostri manus
et ira patiens post nefas tantum mea,
quod non cruor civilis accensas faces
extinguit in nos, caede nec populi madet
funerea Roma, quae viros tales tulit!
Admissa sed jam morte puniri parum est,
graviora meruit impium plebis scelus.
en illa, cui me civium subicit furor,
suspecta conjunx et soror semper mihi,
tandem dolori spiritum reddat meo
iramque nostram sanguine extinguat suo;
mox tecta flammis concidant urbis meis,
ignes ruinae noxium populum premant
turpisque egestas, saeva cum luctu fames.
Exultat ingens saeculi nostri bonis
corrupta turba nec capit clementiam
ingrata nostram, ferre nec pacem potest,
sed inquieta rapitur hinc audacia,
hinc temeritate fertur in praeceps sua:
malis domanda est et gravi semper jugo
premenda, ne quid simile temptare audeat
contraque sanctos conjugis vultus meae
attollere oculos; fracta per poenas metu
parere discet principis nutu sui.
" O trop lente est la main de mes soldats, trop patiente ma colère après un tel forfait, puisque le sang des citoyens n'a pas encore éteint les feux allumés contre moi., puisque le carnage ne fait pas ruisseler du sang de la populace cette funèbre Rome qui a mis au monde de tels hommes! Mais pour punir les excès qu'ils ont commis, c'est trop peu que la mort : le crime impie de la plèbe mérite pis encore! Quant à celle à qui la folie des citoyens veut me subjuguer, quant à cette épouse, cette sueur qui me fut toujours suspecte, qu'elle rende enfin le dernier soupir pour assouvir mon ressentiment et qu'elle étouffe dans son propre sang ma colère ! Puis, que bientôt les toits de la Ville s'abîment dans des flammes allumées par moi, que l'incendie et la ruine accablent ce peuple coupable, avec l'affreuse misère, le deuil, la faim cruelle! Elle se livre à des transports inouïs, cette plèbe que les bienfaits de notre règne n'ont fait que corrompre et, dans son ingratitude, elle n'accepte pas ma clémence; elle ne peut supporter la paix et, inquiète, tantôt se laisse précipiter par sa témérité vers sa ruine! C'est à force de maux qu'il faut la dompter; il faut l'accabler constamment sous un joug pesant, pour qu'elle n'ose plus désormais se livrer à aucune tentative analogue ni élever ses yeux jusqu'aux augustes traits de mon épouse; oui, brisée par les supplices, par la terreur, qu'elle apprenne à obéir au moindre signe du prince ! " (traduction L. Herrmann)