Myrrha2
vers 319-355 (le monologue de Myrrha)
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Illa quidem sentit foedoque repugnat amori Et secum : " Quo mente feror ? quid molior ? " inquit. " Di, precor, et pietas sacrataque jura parentum , Hoc prohibete nefas scelerique resistite nostro, Si tamen hoc scelus est . Sed
enim damnare negatur Hanc Venerem pietas; coeunt animalia nullo Cetera delicto, nec habetur
turpe juvenca Ferre patrem tergo, fit equo sua filia conjunx, Quasque creavit init pecudes caper, ipsaque, cujus Semine concepta est, ex illo concipit ales. Felices, quibus ista licent ! Humana malignas Cura dedit leges et quod natura remittit Invida jura negant. Gentes tamen esse feruntur In quibus et nato genetrix et nata parenti Jungitur et pietas geminato crescit amore. Me miseram, quod non nasci mihi contigit illic Fortunaque loci laedor ! Quid in ista revolvor? Spes interdictae discedite ; dignus amari Ille , sed ut pater , est . Ergo si filia magni Non essem Cinyrae, Cinyrae concumbere possem ; Nunc quia jam meus est , non est meus ipsaque damno Est mihi proximitas ; aliena potentior essem. Ire libet procul hinc patriaeque relinquere fines , Dum scelus effugiam ; retinet malus ardor amantem , Ut praesens spectem Cinyram tangamque loquarque Osculaque admoveam , si nil conceditur ultra. Ultra autem sperare aliquid potes , impia virgo ? Et quot confundas et jura et nomina , sentis ? Tune eris et matris paelex et adultera patris ? Tune soror nati genetrixque vocabere fratris ? Nec metues atro crinitas angue sorores , Quas facibus saevis oculos atque ora petentes Noxia corda vident ? At tu, dum corrpore non es Passa nefas, animo ne concipe, neve potentis Concubitu vetito naturae pollue foedus. Velle puta, res ipsa vetat ; pius ille memorque, Moris. Et o ! vellem similis furor esset in illo . " |
Myrrha2 vers 319-355 (le monologue de Myrrha) vocabulaire
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alienus,a,um animal,alis concedo,is,ere contingit,ere,tigit cura,ae
dignus,a,um dum equus,i finis,is fines,ium frater,tris furor,oris illic jus,juris laedo,is,ere, laesi,laesum liceo,es,ere magni esse miser, era,erum
ne (défense) ne(?) neve nil= nihil pater,tris patria, ae potens,entis praesens, entis precor, aris, ari prohibeo,es,ere prohibui, prohibitum quia quid ? quidem quot retineo,es,ere secum semen,inis spero,as,are spes, spei ultra |
d'autrui, qui appartient à un autre,étranger animal se retirer, céder, concéder il arrive, il échoit soin, souci; charge digne pendant que, jusqu'à ce que, pourvu que cheval limite, fin; pl. : territoire frère folie, fureur là-bas le droit frapper, blesser, léser être estimé avoir grand prix malheureux, misérable ne…pas est-ce que … ? et ne pas
père patrie puissant présent supplier, demander écarter, préserver,empêcher, interdire parce que, puisque pourquoi certes, du moins combien de ! que de ! retenir,arrêter, conserver avec soi, en soi-même semence, principe espérer espoir au-delà de |
ater,tra,trum coeo,is,ire , coii,itum cor,cordis
creo,as,are
damno,as,are damnum,i
effugio,is,ere
filia, ae foedus,a,um
foedus.,foederis impius,a,um ineo,is,ire
libet,ere,uit
memor,oris pietas,atis
pius,a,um remitto,is,ere
resisto,is,ere
sacro,as,are veto,as,are,ui,itus |
noir, sombre se réunir, se joindre à cœur, esprit, intelligence faire croître, produire condamner dommage, perte, dépense échapper, s'enfuir fille affreux,repoussant, outrageant traité, pacte impie, sacrilège aller dans, commencer il plaît, il fait plaisir qui se souvient de piété, respect filial, sentiment du devoir pieux,respectueux renvoyer, relâcher, abandonner s'arrêter, résister, s'opposer consacrer défendre, interdire |
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adulter,era,erum : adultère delictum,i : délit, faute gemino,as,are :doubler, redoubler (passif : s'accoupler) interdico,is,ere :interdire, défendre invidus,a,um : jaloux, envieux, défavorable, funeste juvenca, ae : génisse, jeune fille malignus,a,um : mauvais, nuisible, funeste, avare, chétif, improductif noxius,a,um : nuisible, malfaisant, pernicieux, coupable polluo,is,ere : souiller, salir, déshonorer proximitas,atis :voisinage, proximité, parenté, ressemblance repugno,as,are :lutter contre, résister à; répugner à, être inconciliable avec. |
MX319-355 : comparaisons, intertextualité, …
Comparaison avec Enéïde IV vers 547-553 (fin du monologue de Didon, peu avant son suicide) … ou comment Ovide se sert de Virgile comme matrice textuelle….
(…)"Quin morere, ut merita es, ferroque averte dolorem.
Tu, lacrimis evicta meis, tu prima furentem
His, germana, malis oneras atque objicis hosti.
Non licuit thalami expertem sine crimine vitam
Degere, more ferae, tales nec tangere curas!
Non servata fides cineri promissa Sychaeo !"
Pour d'autres passages, le parallèle avec Anna soror peut être fait, notamment en ce qui concerne l'aveu à la nourrice. Cf. aussi l'aveu de Phèdre dans Hippolyte d'Euripide, et , comme prolongement, celui de Phèdre à Oenone, chez Racine, bien sûr.
Cf aussi Géorgiques III vers 242-283
Traduction Charpentier (Garnier frères) MX 315-355 < attention : le texte latin diffère de celui des Belles Lettres! Dans quels passages ?>
L'élite des princes brigue ta main; la brillante jeunesse de l'Orient se dispute l'honneur de partager ta couche. Parmi tous ces rivaux, choisis un époux, à l'exception d'un seul. Cependant Myrrha éprouve des remords et lutte contre son amour impur. " Quelle fureur m'entraîne ? se dit-elle; que vais-je faire? Dieux, je vous en conjure, et toi, piété filiale, et vous, droits sacrés du sang opposez-vous à cet inceste, et prévenez un tel forfait, si toute fois c'en est un. En effet, la nature ne condamne point mon penchant. Les animaux s'unissent sans choix. Le taureau trouve naturel de rendre mère la génisse à laquelle il a donné la vie; le cheval peut féconder la cavale dont il est le père, le bélier les brebis qui lui doivent le jour, et l'oiseau le sein qui l'a conçu.. Heureux les êtres qui jouissent de ce privilège! L'homme s'est créé des entraves, et de jalouses lois répriment les sentiments qu'autorise la nature. Il est pourtant des contrées, dit-on, où le fils épouse sa mère, et le père sa fille : leur tendresse s'accroît, de tous les feux de l'amour. Malheureuse ! que n'ai-je reçu la vie dans ces contrées! C'est le hasard de la naissance qui me rend coupable. Mais pourquoi revenir à de semblables pensées? Disparaissez, espérances interdites à mon cœur! Cinyras mérite mon amour, mais comme un père. Si donc je n'étais la fille de ce grand roi, je pourrais aspirer à sa couette! C'est parce qu'il me tient de près qu'il ne peut être à moi! Nos liens sont la source de mon malheur. Étrangère à Cinyras, je serais plus heureuse. Je veux m'éloigner et fuir ma patrie pour échapper au crime. Un fatal amour me retient. Que je puisse du moins contempler Cinyras, toucher ses mains, lui parler, l'embrasser, s'il ne m'est point permis d'espérer davantage. Eh! que peux-tu ambitionner de plus, fille coupable?
Ne vois-tu pas que tu confonds tous les noms, tous les droits? c Veux-tu donc être la rivale de ta mère et l'amante de ton père? Veux-tu devenir la sœur de ton fils et la mère de ton frère? Ne crains-tu pas les Furies hérissées de serpents, que les méchants voient toujours agiter à leurs yeux des torches menaçantes? Myrrha, tes mains sont encore pures. Garde-toi d'ouvrir ton cœur au crime; garde-toi d'enfreindre par une monstrueuse union les saintes lois de la nature! Quand même Cinyras accueillerait tes vœux, ils trouvent en eux-mêmes leur condamnation. Mais son âme est vertueuse ; il respecte ses devoirs. Et j'ose désirer qu'il partage mon délire! "