Ovide : Terminale, version 1
SUR SA TRAVERSEE (OVIDE, Tristes, I, 2)
Début du texte
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Di maris et caeli - quid enim nisi vota supersunt ?- solvere quassatae parcite membra ratis Verba miser frustra non proficientia perdo; Ipsa graves spargunt ora loquentis aquae, terribilisque Notus jactat mea dicta precesque ad quos mittuntur non sinit ire deos. Ergo jam venti, ne causa laedar in una, velaque nescio quo votaque nostra ferunt. |
Dieux de la terre et du ciel - que reste-t-il qu'à vous prier? gardez de disloquer mon esquif ébranlé ! Mais, malheureux, mes mots se perdent impuissants. je parle, mais des flots pesants inondent mon visage. Le terrible Notus emporte mes paroles, dissipe ma prière envoyée vers les dieux. Ainsi, les mêmes vents - c'est peu d'un seul supplice! - portent je ne sais où mes voiles et mes vœux. |
Version
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Me miserum ! Quanti montes volvuntur aquarum ! Jam jam tacturos sidera summa putes. Quantae diducto subsidunt aequore valles ! Jam jam tacturas Tartara nigra putes. Quocumque aspicio, nihil est nisi pontus et aer, fluctibus hic tumidus, nubibus ille minax. Inter utrumque fremunt immani murmure venti. Nescit cui domino pareat unda maris : |
Vocabulaire
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Vocabulaire à apprendre |
Ne pas apprendre |
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aequor,oris,n aer,aeris fluctus,us immanis,is,e nubes,is,f tango,is,ere,tetigi,tactum vallis,is, volvo,is,ere,volvi,
volutum |
surface plane de la mer l'air flots, agitation cruel,effroyable,énorme noir,funèbre nuage mer toucher,atteindre val , vallée rouler, faire rouler |
diduco,is,ere… fremo,is,ere,ui,fremitum jamjam ou jam jam
minax,acis subsido,is,ere,sedi, sessum tumidus,a,um |
séparer, partager faire entendre, retentir tout à l'heure, bientôt, à l'instant même menaçant se baisser, s'affaisser, s'enfoncer enflé, gonflé |
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Version 1 : corrigé , 1989
SUR SA TRAVERSEE (OVIDE, Tristes, I, 2)
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proposition |
Traduction de Dominique Poirel (1989) |
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Pauvre de moi! Quelles énormes montagnes d'eau déferlent! On croirait qu'à l'instant elles vont atteindre les astres les plus hauts. Quelles immenses vallées se creusent, quand les flots se divisent! On croirait qu'à l'instant elles vont atteindre le funèbre Tartare. Où que je regarde, il n'y a rien si ce n'est de la mer et du ciel, L'une gonflée de lames, l'autre menaçant de nuages. Entre les deux hurlent les vents, avec un effroyable fracas. La vague marine ne sait plus à quel maître obéir (…) |
Malheureux que je suis! quelles montagnes que ces flots! Bientôt ils vont toucher les plus hautes étoiles. Quels gouffres j'aperçois au fond de la mer entrouverte ! Bientôt ils vont toucher au ténébreux Tartare. J'ai beau regarder de tous côtés, il n'y a que la mer et le ciel, enflés et menaçants de flots et de nuées. Entre les deux, les vents tourbillonnent et grondent : la vague ne sait plus à quel maître obéir : (…) (Ed. Orphée La Différence 1989) |
SUR SA TRAVERSEE (OVIDE, Tristes, I, 2) (Traduction Poirel, Orphée- La Différence 1989)
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Di maris et caeli - quid enim nisi vota supersunt ?-
solvere quassatae parcite membra ratis Verba miser frustra non proficientia perdo; Ipsa graves spargunt ora loquentis aquae, terribilisque Notus jactat mea dicta precesque ad quos mittuntur non sinit ire deos. Ergo jam venti, ne causa laedar in una, velaque nescio quo uotaque nostra ferunt. Me miserum ! Quanti montes volvuntur aquarum Jam jam tacturos sidera summa putes.Quantae diducto subsidunt aequore valles ! Jam jam tacturas Tartara nigra putes. Quocumque aspicio, nihil est nisi pontus et aer, fluctibus hic tumidus, nubibus ille minax. Inter utrumque fremunt immani murmure venti. Nescit cui domino pareat unda maris :nam modo purpureo vires capit Eurus ab ortu, nunc Zephyrus sero vespere missus adest, nunc sicca gelidus Boreas bacchatur ab Arcto nunc Notus adversa proelia fronte gerit. Scilicet occidimus nec spes est ulla salutis, dumque loquor, vultus obruit unda meos.Opprimet hanc animam fluctus frustraque precanti ore necaturas accipiemus aquas. At pia nil aliud quam me dolet exule conjux ; hoc unum nostri scitque gemitque mali. Nescit in immenso jactari corpora ponto, nescit agi ventis, nescit adesse necem. 0 bene quod non sum mecum conscendere passus,
ne mihi mors misero bis patienda foret !At nunc, ut peream , quoniam caret illa periclo, dimidia certe parte superstes ero.
Ei mihi, quam celeri micuerunt nubila flamma ! Quantus ab aetherio personat axe fragor! Nec levius tabulae laterum feriuntur ab undis
quam grave balistae moenia pulsat onus. Qui venit hic fluctus, fluctus supereminet omnes : posterior nono est undecimoque prior.
Nec letum timeo, genus est miserabile leti. Demite naufragium, mors mihi munus erit. Est aliquod fatoque suo ferroque cadentem
in solita moriens ponere corpus humo et mandare suis aliqua et sperare sepulchrum et non aequoreis piscibus esse cibum. |
Dieux de la terre et du ciel -que reste-t-il qu'à vous prier? gardez de disloquer mon esquif ébranlé ! Mais, malheureux, mes mots se perdent impuissants.je parle, mais des flots pesants inondent mon visage. Le terrible Notus emporte mes paroles,dissipe ma prière envoyée vers les dieux.Ainsi, les mêmes vents - c'est peu d'un seul supplice! - portent je ne sais où mes voiles et mes vœux. Malheureux que je suis!quelles montagnes que ces flots! Bientôt ils vont toucher les plus hautes étoiles. Quels gouffres j'aperçois au fond de la mer entrouverte ! Bientôt ils vont toucher au ténébreux Tartare. J'ai beau regarder de tous côtés, il n'y a que la mer et le ciel,enflés et menaçants de flots et de nuées. Entre les deux, les vents tourbillonnent et grondent : la vague ne sait plus à quel maître obéir : tantôt souffle l ' Eurus depuis l'orient pourpre, tantôt c'est le Zéphyr envoyé du couchant, tantôt depuis le nord le Borée se déchaîne, sec et glacé, tantôt le Notus lui tient tête.
C'en est fait, nous mourons ! plus d'espoir de salut ! je parle : au même instant l'eau gifle mon visage, la vague éteint mon souffle et ma bouche qui s'ouvre pour prier ne reçoit qu'une onde meurtrière.
Ma femme cependant ne souffre que de mon exil c'est le seul de mes maux qu'elle connaisse et pleure. Elle ne sait pas que je suis ballotté sur la mer immense, à la merci des vents, que proche est le trépas. Grâce aux dieux, je n'ai pas permis qu'elle embarquât à mon côté ç'aurait été pour moi mourir une deuxième fois, tandis que maintenant, si je meurs et qu'elle soit vivante, la moitié de moi-même en elle survivra.
Hélas ! quels prompts éclairs jaillissent des nuages ! quel fracas retentit sous la voûte céleste !Telle est la violence des eaux qui frappent les flancs du navire,qu'un trait de catapulte est moins pesant sur la muraille. Ce flot qui vient, il est plus haut que tous les autres ; neuf flots l'ont précédé ; déjà suit le onzième. je ne crains pas la mort, mais cette façon de mourir: sans naufrage, la mort me serait un bienfait.C'est beaucoup de tomber à son heure, ou bien sous l'épée du moins le corps rejoint la terre familière ; c'est beaucoup de pouvoir des siens espérer une tombe, au lieu d'être en pâture aux poissons de la mer. |